Catherine Viollet investit les lieux avec une vingtaine de toiles conçues pour cette exposition.
La particularité de son travail a souvent résidé par le mariage du dessin et de la peinture, du fusain et de l’huile. Dans cette nouvelle série, le dessin semble occuper l’espace de la toile, le dessin comme signes ou objets du réel  (fers à béton, cintres) alors que la couleur comme taches, tantôt jaune-orange, bleu, rose, rouge, infiltre le tableau dans des formes à mi-chemin entre l’abstraction et la géométrie.
La rencontre de ses deux spécificités renvoie aux préoccupations de l’artiste lorsqu’elle participait avec d’autres au mouvement de la Figuration Libre et où elle écrivit dans son journal en 1981 les réflexions suivantes : « … Toute problématique est un carcan. D’ailleurs, depuis quelques temps, j’ai envie de peindre autrement… Ne faut-il pas élargir le registre de ses possibilités ? Pourquoi revient-on à une peinture plus figurative ? D’abord, il ne s’agît pas d’opposer abstraction/figuration, mais peut-être d’avoir la souplesse de jouer des deux… »
Au titre « Suspens », il faut entendre suspendue en référence à ses aplats de couleurs vives qui viennent non pas perturber le dessin, mais plutôt s’y superposer dans un état d’apesanteur, un « coussin d’air » dirait-elle. Etant bien entendue, que l’un ne viendrait pas contrarier l’autre, mais d’évidence créer un équilibre, une scénographie lui permettant ainsi d’atteindre sa quête d’une figure libre.
« Je suis persuadée que les choses se superposent mais ne se touchent pas : Nous sommes dans la stratification, pas dans la fusion. La distance, la déliaison, c’est ce qui permet à l’air de circuler, c’est ce qui permet de relativiser, d’oublier, de se soulever du réel, et de réinventer. »  Catherine Viollet

A l’occasion de cette exposition un catalogue est publié en collaboration avec La Fondation Caisse d’Epargne pour l’Art Contemporain – Espace Ecureuil, Toulouse.

catherine viollet

Catherine Viollet est née en 1953 à Chambéry, elle vit et travaille à Ivry/seine et est associée au mouvement de la figuration libre.
Elle étudie à  l’Ecole des Beaux-Arts de Quimper et aux arts décoratifs de Nice, pour apparaitre sur la scène artistique en 1981. Elle s’intéresse d’abord à la sculpture et au corps en particulier. Sans viser la représentation précise du modèle, l’artiste cherche un rythme dans l’esquisse du trait et dans l’énergie de la couleur. Puis le dessin devient un médium important dans son œuvre où chaque élément contient sa propre vie et laisse une ouverture où l’air peut circuler et le réel se réinventer. Cette attraction pour l’air, l’amène à scruter les cartographies météorologiques livrées quotidiennement par la presse. L’artiste développe une fascination pour ces lignes de perturbations atmosphériques, scientifiques, abstraites, instables écho des colères du ciel et de la cruauté de ses

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