Sous l’impulsion de la chercheuse Emeline Jaret, trois ateliers de co-recherche ont été mis en place durant la résidence du collectif W à la supérette. 

En raison des mesures sanitaires, les ateliers collection et économie ont eu lieu avec un public restreint et le dernier, exposition sans invité·e·s. Ces ateliers avaient pour enjeu d’offrir un cadre pour approfondir les axes de recherches qui nourrissent la pratique artistique du collectif W. Menés en collaboration avec Emeline Jaret, ils permettaient de mettre en place une recherche collaborative.En effet, en invitant des auteur·e·s et professionnel·le·s de l’art à échanger avec le collectif, ces ateliers étaient l’occasion d’alimenter le projet d’une approche théorique approfondie liée aux problématiques qui sous-tendent la nature même d’une artothèque.
Trois axes ont été sélectionnés pour débuter cette co-recherche : la collection, l’économie, l’exposition.

Pour accompagner cette co-recherche et sur proposition du collectif W, le centre d'art a développé un partenariat avec la librairie After 8 Books. Sa co-fondatrice, Antonia Carrara, a proposé une sélection d’ouvrages en lien avec les sujets de recherches soulevés par la question de l’artothèque et de la résidence à la recherche à la librairie After Eight.

  • collection - 3 octobre 2020
    L’atelier a été mené par Emeline Jaret, Sylvain Azam et Céline Notheaux. Intervenante : Geneviève Michel, Responsable du pôle mémoire et patrimoine de la mairie de Pantin, interlocutrice de W depuis de nombreuses années.C’est avec et grâce à elle qu’a débuté le cycle d’exposition cher au collectif “Les Entrées Extraordinaires”
    Thème : Qu’est-ce qu’une collection et comment en constituer une ? Comment la structure définit-elle la collection ? Quel portrait du collectionneur est dessiné par la collection (par sa structure et par le choix de ce qu’il collectionne) ? A qui s’adresse une collection ? Qu’est-ce que la collection fait à une pratique artistique ? Qu’est-ce que fait la collection à l’œuvre ?
  • économie - 17 octobre 2020
    L’atelier a été mené par Emeline Jaret, Ana Braga et Judith Espinas
    Thème : Comment faire l’économie de l’économie ? Cette question regroupait plusieurs autres axes de questionnement, parmi lesquels : Comment penser les alternatives à l’actuel modèle économique de l’art ? Si le format de l’artothèque suspend temporairement la valeur marchande de l’œuvre et permet sa diffusion par un rapport à l’œuvre qui se fait indépendamment de la dimension économique, il ne permet pas de dégager des revenus suffisants. Cet aspect est directement lié au problème de la distinction traditionnelle entre emploi et travail qui va à l’encontre de l’activité artistique. Comment évacuer cette distinction pour une meilleure réflexion en adéquation avec la temporalité du travail artistique, intégrant les phases de recherche et d’expérimentation (la pratique elle-même et non plus uniquement son résultat)?
  • exposition - 12 décembre 2020
    L’atelier a été mené par Emeline Jaret, Giuliana Zefferi et Laure Wauters.
    Thème : Quelles pratiques curatoriales pour quels contextes de monstration ? Puisque le format de l’artothèque permettait de repenser celui de l’exposition et la médiation de l’œuvre, il s’agissait d’interroger les références de chacun·e. Ainsi, à partir de la présentation d’expositions ou autres modes de monstrations considérés comme historiques, l’atelier était destiné à interroger les alternatives au circuit traditionnel de la diffusion et de la médiation de l’œuvre.

ana braga

Née à Porto (Portugal), en 1986. Vit à Paris et travaille dans les dépt. 93 et 94.
Ana Braga est artiste, enseignante et membre active de W depuis 2017. L’étude de l’image en tant qu’outil se place au cœur de ses expériences artistiques où le mouvement et la perception sont prépondérants. Diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (2013) et de la Faculdade de Belas Artes da Universidade de Porto (2010), elle a développé une activité d’enseignante, qui est constitutive de son travail artistique. L’épanouissement de la créativité, comme l’acquisition des techniques d’art font partie pour elle d’une nécessité pédagogique, d’un partage fondamental. Responsable de plusieurs projets dans le domaine de l’image depuis 2009, elle a pris part notamment au projet Vouveuvé mené avec le collectif W et d’autres artistes invités. Son travail a été présenté lors de plusieurs expositions collectives entre le Portugal et la France

céline notheaux

Née à Besançon, en 1986. Vit et travaille entre l'Île de La Réunion, Paris et le Jura.
En 2011, elle est diplômée des Beaux-Arts de Besançon et de Valencia en Espagne. Elle s'installe ensuite en région parisienne et rejoint le collectif et artist run-space W, basé à Pantin. En 2017, elle montre le solo show « Pense-bête et / ou mémorandum » à W, puis en 2018 sa continuation « Lolus Symbolum » à la galerie associative de L’Openbach à Paris. En 2019, elle entre en résidence pour un an à La Cité des Arts de Saint-Denis de La Réunion,où elle présente ses recherches. En 2020, elle obtient une bourse de résidence de la DAC Océan Indien pour un séjour à Maurice. Sa pratique artistique est pluridisciplinaire ; le dessin, la peinture, l’édition papier, la céramique, la vidéo et la performance sont convoqués en fonction de ses installations qui sont pensées comme des parcours symboliques. Les corpus d’œuvres qui les forment varient les échelles qui peuvent aller d'images format timbre à des toiles de 8 × 3 mètres. Son travail est relié à son histoire familiale qui définit ses sujets de recherches favoris que sont l’imaginaire lié au monde agricole, son déclin, les champs du savoir et la société de classe. Comment le paysan devient artiste ? Comment l'ouvrière prend la plume ?

émeline jaret

Émeline Jaret est enseignante-chercheuse, Maîtresse de Conférences en histoire de l’art contemporain au département d’arts plastiques de l’université Rennes 2, rattachée au PTAC (EA 7472 – Pratiques et Théories de l’Art Contemporain). Depuis plusieurs années, elle développe une expérience de terrain, tendant à combiner recherche théorique et impliquée, sous la forme d’une recherche en actes et en collaboration avec des chercheur·euse·s, artistes et acteur·rice·s du monde de l’art. Après plusieurs expériences pour la DRAC Île-de-France, puis TRAM, réseau d’art contemporain Paris/Île-de-France, elle a été chargée de projets hors les murs et de la supérette (résidence pour collectif d’artistes), pour la maison des arts, centre d’art contemporain de Malakoff. Elle y a notamment accompagné le collectif W (Pantin) dans leur projet d’artothèque expérimentale, de juillet 2020 à février 2021. Depuis octobre 2020, elle est en charge, avec Isabelle Mayaud (sociologue), de la phase 3 du Schéma d’orientation pour les arts visuels – SODAVI Île-de-France. Émeline Jaret poursuit actuellement un projet de recherche centré sur le processus créatif et la notion d’auteur (statut, figure, posture), à travers une critique génétique enrichie par l’apport des sciences du langage et des sciences sociales. Observant l’articulation entre pratique et théorie, individuel et collectif, esthétique et politique, elle s’intéresse plus généralement aux pratiques artistiques élargissant la définition du conceptualisme des années 1970-1980 jusqu’à leur prolongement dans la création actuelle. Par la prise en compte des paramètres structurels et des conditions de travail des artistes, ce projet s’intéresse à la mouvance actuelle de redéfinition de la figure de l’artiste en travailleur et de ses impacts sur la définition de l’œuvre. Son point de départ est l’étude historique du Onze rue Clavel à Paris, communauté d’artistes formée autour de Claude Rutault au tournant des années 1970 et 1980. Il bénéficie d’une bourse de soutien à la recherche en théorie et critique d’art du Centre national d’arts plastiques (CNAP). Émeline Jaret a réalisé plusieurs expositions et publie régulièrement dans des revues, catalogues et ouvrages collectifs. Elle a co-dirigé « L’artiste-théoricien » (2015) et « Ce que fait le concept à l’œuvre » (2018) pour Marges, revue d’art contemporain (Presses universitaires de Vincennes). Sa thèse sur l’œuvre de Philippe Thomas est à paraître aux Presses universitaires de Rennes.

La liste de ses travaux est consultable sur sa page personnelle : https://perso.univ-rennes2.fr/emeline.jaret.

giuliana zefferi

Née à Paris, en 1985. Vit et travaille à Gennevilliers.
Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 2009, Giuliana Zefferi a co-fondé la revue M.E.R.C.U.R.E. et l’artist run-space W à Pantin en 2010. Le Palais de Tokyo a exposé son travail à deux reprises en 2010 et 2013. Résidente Astérides en 2013, elle a développé à Marseille une recherche en vidéo. En 2015, le prolongement de ces recherches a été montré à la Friche Belle de Mai à Marseille, à la galerie In extenso à Clermont-Ferrand et à la galerie Alain Gutharc à Paris. Le Centre d’art contemporain Le Parc Saint-Léger l’a invitée en 2013 et en 2017 à suivre son programme de résidence hors-les-murs. En 2017, afin de débuter le projet « Après le geste, le grand dehors » Giuliana Zefferi a reçu l’aide au projet et à la recherche du CNAP, en 2018 pour assurer la phase de développement et le début de la phase de production ; elle a acquis l’aide individuelle à la création de la DRAC Ile-de-France et l’aide au développement DICRéAM du CNC. En 2019 pour débuter la production du film « D’autres oiseaux marchent eux aussi comme », elle a reçu le soutien de Mécène du Sud.

judith espinas

Née à Bourgoin Jallieu, en 1985. Vit à Bruxelles et travaille entre Paris, Pantin et Bruxelles.
Diplômée de la Villa Arson en 2006, elle étudie également à la Gerrit Rietveld Academie et est diplômée de l’École supérieure nationale des Beaux-Arts de Paris en 2009. Elle participe en 2012 au programme AIMS soutenu par la fondation Rotschild et à la résidence « Monts de Jupiter #13 » en 2018. Depuis 201, elle co-organise avec Alexandra Roussopoulos la résidence artistique « Nissi » sur l’île de Spetses en Grèce. Son travail de sculpture et de vidéo a été exposé en France, en Suisse, en Grèce, en Belgique, aux ÉtatsUnis et en Allemagne. Son travail est dans la collection de la Mairie de Pantin, celle de Lancry, de Saint-Ouen et du centre d’art « Transformer DC » à Wahington. Son travail est visible dans l’espace public à Saint-Ouen, Pantin, Spetses (Grèce) et Jeumont.

laura bottereau & marine fiquet

Laura Bottereau & Marine Fiquet vivent et travaillent à Nantes.
Leur duo est né en 2013 à l’ESBA d’Angers d’où elles sortent respectivement diplômées en 2015 et 2014. Elles participent à plusieurs expositions collectives comme l’exposition Enfants au Centre d’art contemporain de Pontmain en 2016, HERstory des archives à l’heure des postféminismes à la maison des arts, centre d'art contemporain de Malakoff en 2017 ou l’exposition Traversées ren@rde au Transpalette de Bourges en 2018. En 2017, la revue Terrain vague publie un texte de Florian Gaité autour de leur travail : " Jeux interdits". La même année un entretien avec Julie Crenn parait dans la revue Laura. L’année 2018 débute avec L’aube des rigueurs molles, exposition personnelle, à St Étienne, dans l’espace des Limbes. Elles intègrent en mars 2018 la résidence de la maison des arts, centre d'art contemporain de Malakoff.

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sylvain azam

Né en 1984, Sylvain Azam vit et travaille à Gennevilliers. Cela fait plus de dix ans que Sylvain Azam a choisi le tableau abstrait comme principal terrain d’expérimentation, affectionnant cet objet pour sa grande porosité à l’égard de la réalité et des autres médiums de l’art contemporain. Sylvain Azam a entamé ses études d’art à la Villa Arson en 2003. En 2007, il entre à l’École supérieure nationale des Beaux-Arts de Paris dont il est diplômé en 2009. Son travail a été sélectionné au 57e  salon de Montrouge qui donnera suite à une première exposition personnelle à la galerie Éric Mircher en 2013. La Terra Foundation for American Art lui donne l’opportunité de partager ses recherches sur la pathologie ophtalmique comme vecteur métaphorique du vivant lors d’une résidence internationale en 2014. En 2017, il est le lauréat du prix Novembre à Vitry et expose à la 67e édition du salon Jeune Création, à l'issue de laquelle il remporte le Prix Galerie Jérôme Pauchant. Cette jeune galerie défend désormais son travail. Avec le parrainage de Fabrice Hyber, Sylvain Azam participe au Prix Antoine Marin 2018. Son travail fait notamment partie de la collection municipale de la ville de Pantin et de celle de Vitry ainsi que de la collection privée de Thaddaeus Ropac. Sylvain Azam est représenté par la galerie Jérôme Pauchant, Paris

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