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JUSQU'À CE QUE RIEN N’ARRIVE

2 décembre 2015 ► 14 février 2016

Commissaire d'exposition
: Pierre Vialle.
Avec
: Pierre Alechinsky, Giulia Andreani, Art & Language, Jean-Philippe Basello, Gaston Damag, Alice Didier-Champagne, Benjamin Efrati, Olivier Garraud, Alberto Giacometti, Godspeed You! Black Emperor, Adrien Guillet, Ann-Marie James, Emma Kay, Daphné Le Sergent, Louise Pressager, Julien Prévieux, Sebastien Rémy, Vittorio Santoro, José Johann Seinen, Hugo Sicre, Fabiola Torres-Alzaga, Thomas Wattebled.


On se plait régulièrement à rappeler que les mots «dessin» et «dessein» ont une racine commune. Longtemps il n’y eu même aucune distinction entre les deux termes, et dans l’article de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert consacré au dessin, l’orthographe «dessein» est encore employée au sens de notre actuel «dessin». Ne serait-ce que d’un point de vue étymologique, il y a donc un lien étroit entre la formation d’un projet (un dessein) et la représentation de signes (un dessin). Mais devons-nous immanquablement voir derrière tout dessin une tension vers la réalisation d’un projet? Le dessin n’est-il pas aussi parfois un art sans projet, un art (osons l’idée) pour lui-même?

En situant la naissance de l’art au moment de la réalisation de la grotte de Lascaux il y a 17 000 ans, comme le fit George Bataille, ou il y a plus de 50 000 ans ainsi que le proposent aujourd’hui plus volontiers archéologues et préhistoriens, on est victime d’une méthode d’estimation partiale. Et pour cause, quiconque ne s’attache qu’aux témoignages matériels de l’existence de l’art néglige par conséquent les formes de création qui ne laissent aucune trace. Ne peut-on pourtant pas supposer qu’avant d’orner les manches de leurs outils ou les parois des grottes, nos ancêtres préhistoriques avaient déjà de longue date dessiné du doigt ou avec un bâton dans le sable (comme Socrate sur le sol athénien dans le Menon de Platon, ou Jésus au mont des Oliviers) ? Et en cela, ne devons-nous pas voir le dessin, cet art parfois sans fossiles, comme la première forme d’art ?

En 1980, le grand oenologue Emile Peynaud publiait un ouvrage, désormais classique et régulièrement réédité depuis lors, Le Goût du vin. Comment exalter le goût du vin par une dégustation appropriée ? Quelle est l’implication des différents sens dans celle-ci ? Comment partager et exprimer le plaisir qui en découle ? Telles étaient certaines des questions auxquelles se proposait de répondre l’oenologue dans ce livre qui était tout autant l’exposition d’une méthode de dégustation que l’expression d’un amour pour le vin et son univers. Le vin (« la plus aimable des boissons » dixit Brillat-Savarin) et l’ivresse qu’il procure depuis l’Antiquité ne sont bienheureusement pas les seuls motifs connus de délectation. Par ses moyens propres, l’exposition Jusqu’à ce que rien n’arrive se veut justement être au dessin (le plus modeste des arts dirons-nous) ce qu’était l’ouvrage de Peynaud au vin : une célébration.

 

Légende de l'image : Ann-Marie James, Musée imaginaire, Plate 648, 2013, encre sur papier, 22,3 x 17,7 cm, courtesy galerie Karsten Schubert, Londres
Photos vues d'exposition © Pablo Cavero.

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