Vous êtes ici :

Accueil > Maison des arts > Archives > 2014 > Ernest PIGNON-ERNEST

Ernest PIGNON-ERNEST

25 janvier ► 30 mars 2014

En tout état de cause, les compagnons de route d’Ernest Pignon-Ernest se recrutent moins chez les artistes que chez les poètes et les écrivains. Parmi eux, nombreux – et non des moindres – sont ceux ayant écrit sur son travail. Nombreux sont aussi les textes à avoir inspiré l’artiste (qui, en retour, s’est d’ailleurs souvent donné pour tâche de dessiner les corps de leurs auteurs). Mais son amour des mots n’empêche nullement Ernest Pignon-Ernest de placer régulièrement ses travaux sous le haut patronage du Caravage, de dire l’influence décisive sur lui de Picasso ou même de se voir attribuer par les jeunes artistes du Street Art le statut de prédécesseur.
Car, il y a, en effet, chez Ernest Pignon-Ernest une virtuosité manifeste dans l’art du dessin qui s’est très tôt accompagnée, tant d’un travail méticuleux, que d’une conscience intime de l’insuffisance du seul dessin. C’est bien ce qui l’a poussé, dès 1966, à apposer ses dessins sur les murs des villes pour en faire les révélateurs de la symbolique et de l’histoire des lieux choisis (dans un geste qui n’a donc rien d’anti-muséal ou d’anti-institutionnel). Manière de proposer le lieu lui-même en provoquant l’oeuvre par la mise en situation du dessin, dans une attitude singulièrement teintée à la fois d’innovation et de classicisme que nous pourrions subsumer sous l’appellation d’« antimoderne », valorisée par Antoine Compagnon selon ces termes : « moderne pris dans le mouvement de l’histoire mais incapable de faire son deuil du passé *. »

L'exposition à la Maison des Arts de Malakoff mettra l'accent sur les méthodes et techniques de travail de l'artiste et présentera de nombreux documents, tels que des dessins préparatoires et des croquis ou des films documentaires et des livres. En matière d'illustration l'attention sera portée sur les quatre temps forts dans le parcours d'Ernest Pignon-Ernest que sont ses travaux sur la Commune, sur Naples, et ceux, plus récents, réalisés en Palestine et en Afrique du Sud.

 
*Antoine Compagnon, Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes, Paris, Gallimard, 2005, p. 13.

 

Vous pouvez retrouver en cliquant ici le discours d'inauguration prononcé le soir du vernissage par Mme CORDESSE, Maire Adjointe chargée des affaires culturelles.

 

 

Haut de page

Maison des Arts de Malakoff
105, avenue du 12 février 1934 - 92240 Malakoff / +33 (0)1 47 35 96 94
mercredi au vendredi 12h-18h samedi et dimanche 14h-18h

Ville de Malakoff